Le Retour à l'École...

     Une façon excellente d'éviter plusieurs années d'incertitude dans l'apprentissage de la pêche du Saumon atlantique est de suivre une...

« École de pêche »

     L'été dernier, je péchais pour la première fois et je prenais mon premier saumon et du même coup, j'attrapais la salmonite aiguë, vous savez cette maladie incurable ?...

École de pêche
     Comme je voulais tout savoir de la pêche à la mouche, je décidai de m'inscrire à l'École de pêche «saumon» Pierre Tremblay sur les bords de la rivière Ste-Marguerite. J'étais très excitée à la pensée de côtoyer des moniteurs expérimentés comme les Latraverse, Nadeau, Bérubé, Boucher, Tremblay. Pelletier et Bernard, ainsi que leurs monitrices en stage de formation, les Poirier. Paré. Bujold-Lacroix, Bérard et Côté. Ce mariage me plaisait beaucoup. Inscrite comme stagiaire, je désirais apprendre à bien lancer, savoir faire les noeuds essentiels, me familiariser avec le lit d'une rivière et ses fosses, savoir comment réagir devant certaines situations de pêche telles que la prise d'un saumon de vingt livres par exemple... et aussi le contact avec les moniteurs et monitrices à qui je pourrais poser toutes les questions d'une débutante.

     Donc le vendredi 19 juin 1987, j'arrivais en même temps que vingt-trois autres stagiaires et les instructeurs pour une fin de semaine de cours théoriques et de sessions pratiques de pêche à la mouche sur le site enchanteur de la rivière Ste-Marguerite à Bardsville.

     Ce camp de pêche était en 1871 la propriété privée de la compagnie « Price » qui le cédait par la suite à la compagnie « Alcan » en 1930. Quand le gouvernement provincial créa les « zecs-saumon » en 1980. ce camp privé fut donc cédé à la zec de la Rivière-Ste-Marguerite, qui a depuis la gérance en ce qui concerne la pêche du saumon. Toutefois les gens du milieu ont voulu s'impliquer et faire connaître cet endroit tout à fait splendide en se regroupant sous le nom de «Régie inter-municipale» composée des villes Ste-Rose-du-Nord, Sacré-Coeur, et la M.R.C. du fjord du Saguenay. Afin de pouvoir développer cet attrait touristique, le gouvernement du Québec a injecté 60% des sommes nécessaires, le milieu 25% et le gouvernement fédéral 15%.

     Le camp Bardsville comprend la bâtisse principale où une salle à manger peut accueillir une cinquantaine de personnes, ainsi qu'une salle de réunion avec foyer; quatre unités doubles où peuvent dormir douze personnes et un camp-dortoir, qui fut construit en Angleterre, transporté par bateau et où logeaient dans les années « 50 » les guides de pêche. D'ailleurs, c'est la seule bâtisse authentique avec la salle à manger et la cuisine qui ont résisté aux années. Les autres bâtisses ont été rénovées en 1986. Les responsables ont voulu garder le style architectural gothique des années 1900. Ces détails m'apparaissent très intéressants pour une débutante comme moi, parce que je constate l'importance de la tradition dans la pêche au saumon.

École de pêche
     Après les retrouvailles et les présentations d'usage, l'horaire des deux jours nous est donné par Claude Bernard, président d'Atos. La confrérie des pêcheurs à la mouche « ATOS » assure la partie pédagogique de cette école tandis, que Pierre Tremblay de « Le coin du moucheur inc. » en assure la régie interne. Il ne faut pas oublier non plus la participation de la zec Ste-Marguerite qui nous reçoit dans cet endroit merveilleux. La soirée se termine par la présentation de « Noblesse oblige », ce qui a pour effet de nous mettre l'eau à la bouche. Peu avant le souper, à la surprise de tout le groupe, un stagiaire prenait un saumon dans la fosse 37. Ce fut un très grand moment.

     Le samedi matin, suite à une série de cours théoriques, de démonstrations et d'un bon repas, c'est avec plaisir que nous nous retrouvons avec notre moulinet et notre canne pour une leçon de lancer: démonstrations, pratiques et correctifs apportés par les instructeurs: tout cela dure deux heures.

     Je réalise soudain que j'ai le bras fatigué; peu importe, puisque j'ai la sincère impression que je peux bien lancer pour la première fois de ma vie. Ensuite le groupe de stagiaires est divisé en sept avec chacun au moins un instructeur et se déplace vers les fosses du secteur « 3 » pour la pêche en rivière. Tous espèrent que c'est à leur canne que ça va mordre. L'honneur est revenu au groupe de Claude Latraverse: un saumon de douze livres sur une petite mouche noire «6» double. Après cette longue journée au grand air la table d'hôte du chef cuisinier a été très appréciée.

     Dimanche matin nous avons, en plus des révisions, de nouveaux cours théoriques et des démonstrations, suivis du lunch (shorc lunch) au bord de la rivière. Après quelques lancers dans la rivière, c'est le retour au camp pour la collation des grades, les photos de circonstance et les adieux.

     Pour avoir suivi mon « chum » pendant plusieurs années, ces trois jours de camp-école m'ont fait comprendre pourquoi tant de pêcheurs deviennent «maniaques» de la pêche au saumon. Je n'ai que des éloges à faire aux responsables de cette école de pêche, aux moniteurs et monitrices ainsi qu'au chef cuisinier avec sa table d'hôte excellente. La température fut assez clémente, les maringouins beaucoup trop voraces et les saumons difficiles à capturer à cause du niveau d'eau très bas. Je me sens maintenant plus sûre de moi face à ma prochaine saison de pêche au saumon à Bonaventure.

     Je pourrai enfin moi aussi prendre part aux conversations des pêcheurs expérimentés et raconter mes propres histoires de pêche...

     J'ai aussi découvert cette belle amitié qui lie les pêcheurs et les pêcheuses de saumon. M'ayant fait durant cette fin de semaine des amis parmi les moniteurs, monitrices et stagiaires, j'espère maintenant avoir le plaisir de les rencontrer soit au congrès de la « F.Q.S.A. » ou au forum « ATOS » ou encore sur le bord d'une rivière.

référence

» par Louise Bernard
» photos Claude Bernard
» Salmo Salar #10, Automne 1987.
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