L'Histoire, l'Évolution & l'Art du Montage de Mouches a Travers les Âges

Dame Juliana Berners (1385 - ...)

Dame Juliana Berners (1385 - ...)
     Si Dame Julyana Berners avait été un homme personne n'aurait mis en doute qu'il soit l'auteur d'un traité de pêche. Mais voilà, notre Dame est née femme et peut être bonne soeur, il n'en fallait pas moins pour remettre en question jusqu'a son existence. 

    Les deux manuscrits existants sont signés de son nom, orthographié de façon différentes, ce qui était courant à une l'époque ou les règles orthographiques n'existaient pas. Je ne peux imaginer que l'on ai pu signer les écrits d'un homme avec un pseudonyme féminin. En ces temps très hiérarchisés et sexistes c'était plutôt le contraire qui se pratiquait, c'est à dire qu'une femme signe avec un prénom masculin, jamais l'inverse. 
 
     La première édition du livre de Saint Alban (1486), ne traite que de chasse et de héraldique, et est signée Dam Julyans Barnes. La seconde (1496), publiée à Londres chez Winken Worde est signée "Dame Julyans Bernes".
 
     Dame Julyana Berners - nous garderons cette orthographe - s'est lancée dans la rédaction d'un tel traité car elle tient en haute estime les loisirs de plein air. Elle est persuadée qu'au contact de la nature et jouissant de toutes les beautés créées par Dieu, l'Homme s'élèvera et renoncera à une vie de violence, de vice et d'oisiveté. Son originalité a été non seulement de mettre la pêche au même niveau que la chasse, mais surtout de traiter la pêche comme un sport de loisir. La finalité n'étant pas de prendre du poisson à tout prix. Ce que presque cinq siècles plus tard, nous considérerons comme une approche moderne de la pêche sportive.

La Légende de Dame Julyana Berners

La Légende de Dame Julyana Berners
     Pour ajouter un peu plus au mystère des origines de Dame Julyana Berners, un antiquaire a écrit une biographie sur ses origines familiales. Elle fut rédigée seulement une cinquantaine d'années plus tard, c'est à dire à une époque ou son souvenir pouvait subsister dans la mémoire de certains témoins directs ou indirects. Il explique que Dame Julyana serait entrée au couvent des Bénédictines de Sopwell (Hertdorshire) en 1415, à l'âge de 30 ans avant d'en devenir la mère supérieure. Sa mère avait épousé en première noce Sir Roger Berners, conseillé du roi Richard II, mais il sera décapité, soupçonné de conspiration. En seconde noce elle épousa Sir Roger Clarendon, fils bâtard du Prince Noir* demi-frère de Richard II. Mais cette riche filiation ne le sauvera pas de l'exécution capitale toujours pour délit de conspiration. C'est peut être une des raisons qui incitera Dame Julyana à choisir la vie monacale. Elle entre dans les ordres au couvent de Sopwell dédié à Saint Alban, un martyr anglais de l'époque romaine.

    Cette biographie est issue du livre « Lives of the most eminent inglish writers » écrit en 1559 et signé par John Bale, un antiquaire anglais.
 
     En recherchant dans les archives du couvent de Sopwell, il n'a pas été trouvé trace d'une carmélite du nom de Berners. Il n'a pas été trouvé, non plus, trace d'une Dame Julyana en fouillant les archives de la noble famille des Berners. 
 
     *Le Prince Noir, c'est Edward , Prince de galles et Prince d'Aquitaine. Tout le monde en a entendu parler sans trop savoir qui il est. Surnommé ainsi pour la couleur de son armure, il est connu et reconnu pour avoir été un combattant redoutable qui n'hésitait pas à prendre le devant dans les nombreuses batailles qu'il a commandé. Il était la terreur de Du Guesclin, car bien supérieur au breton tant par son audace que ses ruses militaires. Avec 7000 hommes dont 2500 anglais et 4500 gascons, il vainquit 15000 cavaliers Français et captura le roi de France (Rançon de 3 millions d'écus d'or). La maniabilité de l'arc anglais très rapide, contre l'arbalète française lente à réarmer faisant la différence sur les champs de bataille. La supériorité incontestable des Anglais sera renversée fin du XIV siècle avec l'apparition de l'artillerie, dont l'armée française s'est largement pourvue, soucieuse de se moderniser, contrairement aux anglais trop sûrs de l'habileté de leurs archers. Sans cela, nous parlerions tous anglais. Le Prince Noir est ensuite allé soutenir, en Espagne, une des branches de la famille royale luttant pour récupérer le trône et la couronne du royaume de Castille. Mais cette expédition ne fut pas à la gloire du vaillant Prince Noir. 

    Une autre version donnée, elle, par des historiens spécialistes de cette époque et désireux d'ajouter foi aux écrits de John Bale, supposent que Dame Julyana, n'est peut être pas rentré dans les ordres, ce qui expliquerait son absence des archives très sérieuses du Prieuré. Elle aurait pu seulement y être hébergée. Pratique courante si la famille pouvait se le permettre financièrement. Les exécutions qui secouèrent sa famille peuvent expliquer que l'on ait voulu la mettre à l'abri. Ce qui pourrait expliquer, aussi, qu'elle ait eu le temps de pratiquer la pêche à la ligne. Si elle est réellement rentrée dans les ordres, en étant de haute lignée, elle a dû le faire par vocation. Je m'avance peut être: mais les fils et filles de nobles rentraient souvent dans les ordres parce que le droit d'aînesse avait réservé tout l'héritage au premier fils. Les autres n'ayant d'autres choix que l'armée pour les garçons, ou le couvent, car ces deux activités assuraient au moins le couvert chaque jour. 

    1450 (publié en 1496) « The boke of Saint Alban » ; « A treatyse of fysshynge wyth an angle ».

    C'est le premier traité de pêche édité (1496), il faudra attendre Izaak Walton et Charles Cotton pour retrouver un guide pêche d'une aussi grande qualité. Il faut bien préciser que la première édition de 1486 est un traité de chasse, fauconnerie et héraldique. Le traité de pêche n'apparaît que dans la seconde édition de 1496 sous la forme d'un chapitre ajouté de 23 pages. Il n'existe aujourd'hui que deux copies originales conservées précieusement dans la bibliothèque universitaire de Yale (Connecticut), et malheureusement les deux sont incomplètes.
 
     Il aura fallu attendre 36 ans et l'avènement de l'imprimerie pour qu'ils soient enfin publiés par Wynkyn de Worde à Londres. Il y a fort à penser sans trahir l'Histoire que la première écriture à été faite sur commande. Ce qui était fréquent à l'époque ou peu de gens savaient écrire. Un noble passionné rêvait d'avoir un livre traitant de son " hobby " et le commandait à un couvent peuplé de lettrés. Le prix était alors exorbitant: on cite un livre qui coûta un troupeau de moutons, une vraie fortune pour l'époque. La peau de tous ses animaux servant de parchemin, la viande payant la rédaction et la fabrication. Une fois cette première édition exécutée, Dame Julyana passionnée de pêche rajouta un chapitre consacré au sport qu'elle vénère, le « A Treatise of Fishing with an Angle », sans oublier d'égratigner au passage tous les autres sports de plein air.

    Comment cette dame à t'elle pu écrire un livre de chasse puis attendre quelques dix ans plus tard pour rajouter un chapitre faisant l'éloge de la pêche et dénigrant les deux autres sports?

Fernando Basurto (1450 – 1540)

     Un auteur parmi les précurseurs qui donnèrent leurs lettres de noblesse à notre sport, j’aimerais que ce soit celui-ci. En effet, tous les autres, de Dame Julyana à Izaak Walton, vous les retrouverez cités dans des dizaines de livres ou d’articles différents, alors qu’il demeure ignoré…, ne méritant au mieux que quelques lignes. Pourtant son manuscrit édité seulement un an avant la disparition de son auteur est d’une incroyable qualité.
 
     Fernando Basurto est né à Jaca (Aragon), mais sa profession de militaire au service du roi d’Espagne l’appellera à servir sous d’autres cieux. Il fut pêcheur dans sa jeunesse, et confesse que lors de ses nombreux voyages à travers le monde, la pêche lui apportait tranquillité de l’âme et repos du guerrier. D’après lui, elle soignerait même des tracas amoureux.
 
     Heureux comme Ulysse, après maintes traversées, c’est au pays de ses vertes années, à Zaragoza, qu’il reviendra profiter de sa retraite. C’est là qu’un groupe de pêcheurs aragonais viendront lui proposer de rédiger un traité de pêche renfermant tous leurs secrets.
 
     Le livre se composera de deux parties, toutes aussi intéressantes que différentes. Comme avant lui, Dame Julyana Berners, il se lancera dans une défense de la pêche contre la chasse, et comme Isaac Walton et William Samuel le feront après lui, cette défense sera rédigée sous la forme d'un dialogue entre un pêcheur et un chasseur. D’ailleurs, le découvreur de ce manuscrit l’appellera « Los dialogos », alors que le titre choisi par son auteur est : « Dialogo que agora lo hacia ». La deuxième partie est une description précise et minutieuse des techniques de pêche intitulée « El tratadico de la pesca ». 
 
     Alors Izaak Walton déjà accusé d’avoir plagié « The Art of Angling » de Thomas Barker, aurait-il lu Fernando Basurto et s’en serait-il inspiré pour ses propres dialogues ? Possible, mais pas sûr. En effet, les dialogues entre profanes et leurs maîtres sont des genres littéraires extrêmement courants à l’époque depuis Platon. Il faut préciser aussi que l’Espagne entretenait alors d’étroites relations avec l’Angleterre. Shakespeare y cherchera l’inspiration et ce contemporain de Walton écrira plusieurs pièces et non des moindres prenant pour cadre le Royaume d’Aragon et ses démêlés avec le royaume de Castille : « Beaucoup de bruit pour rien ». Enfin, Marie Tudor, qui prendra couronne en 1553, était fille de Catalina d’Aragon et d’Henri VIII. Autre détail abondant dans ce sens, une phrase tirée des pages de « The Compleat Angler » de Walton. Il cite, sans en préciser les sources, un « ingenious spaniard », un ingénieux espagnol qui écrivit « les rivières et leurs habitants aquatiques ont été créés pour que les sages les contemplent et pour que les ignares passent au large sans leur donner la moindre considération ».
 
     Il serait attristant et dommageable pour notre art que l'oeuvre de Fernando Basurto, d'une indéniable qualité, ne demeure dans l'ombre d'un Walton ou de Dame Berners.

    Emilio Fernandez Roman nous dit dans son livre « Los Orígenes de la pesca con mosca y el camino de Santiago » (Madrid 1999) que le livre de Fernando Basurto a disparu et qu'il n'en existe aucun exemplaire en Espagne. Edmond Ardaille dans le sien « Des mouches et des hommes » (Nîmes 1994), écrit qu'un exemplaire a été découvert dans les années 70 à la bibliothèque de l'arsenal à Paris. Sans plus d'explication.

Isaac Walton (1593-1683)

Isaac Walton (1593-1683)
     Né dans la petite ville de Stafford sur la Sow, affluent de la Trent où il fit ses premières armes de pêcheur, en 1593 de parents "petits bourgeois", il fut à Londres apprenti puis quincailler au commerce florissant , avant de faire en 1626 puis en 1646 pour cause de veuvage, deux "beaux mariages" qui l'introduisirent dans le monde ecclésiastique et littéraire, assez confondus à l'époque!
 
     Pêcheur passionné, il rêve de réveiller ce goût chez ses contemporains puisque la pêche à la ligne est pour lui une sorte de prière, une communion avec la nature et son créateur, et c'est dans la contemplation de la nature que l'on atteint la plénitude d'esprit!
 
     Son ouvrage « The compleat angler » (1653) (Le parfait pêcheur à la ligne ou le divertissement du contemplatif) publié alors qu'il avait 60 ans et pêchait "à fond" et non à la mouche, est considéré comme un des chefs d'oeuvre de la littérature anglaise, le plus réédité à ce jour après la bible et Skakespeare.

    Isaac Walton se retirera en 1662 au sud de l'Angleterre dans la région plus calme des Chalk Streams autour de Winchester où il décèdera en 1683, à l'âge de 90 ans.

Charles Cotton, (1630-1687)

Charles Cotton, (1630-1687)
     Charles Cotton n'est qu'un adolescent lorsque qu’éclate la guerre civile, il avait 19 ans lorsque le roi sera décapité. Il le vivra comme une tragédie. 
 
     Contrairement à Izaak Walton qui est un grand intellectuel mais autodidacte, Charles Cotton est né dans une famille de grands propriétaires terriens et fit de grandes études dans les meilleures écoles anglaises. Il connaît l'italien et le français aussi bien que les grands classiques.

    Son père fréquentait déjà les milieux littéraires de l'époque. A la mort de celui-ci, il hérite de grandes propriétés à Bentley et Beresford. Cette dernière traversée par la Dove river, une excellente rivière à truite et ombres. Il s'y essaiera avec succès, à l'art de la pêche à la mouche et à l'étude des « May Flies » dans le sens que lui donne les anglo-saxons, c'est à dire les éphémères en général.
 
     Lorsque Cromwell meurt, la monarchie est restaurée et Charles Cotton est appelé à servir son nouveau roi. Il vit alors entre Londres et ses propriétés, mais la pêche avec son ami Izaak Walton le passionne plus que tout!, il était l'ombre de Walton. Walton était 37 ans son aîné, il l’avait initié enfant, à la pêche! (Walton et le père de coton était de bon amis). En dehors de sa participation dans « Compleat Angler », il a écrit des livres : « Poems from the works »…
 
     La cinquième édition de « Compleat Angler », renferme 12 chapitres supplémentaires sur la pêche à la mouche écrits par Charles Cotton « le plus expérimenté des pêcheurs à la ligne, que l'Angleterre ait jamais connu dans la pêche à la truite. »

Capitaine Richard Franck (1624?-1708)

     Livre: Capitaine Richard Franck « Northern Memoirs » (1694).

Thomas Best

    Livre: Thomas Best « Art of Angling » (1807).

Arthur Edward Knox (1808 – 1886)

Arthur Edward Knox (1808 – 1886)
     A. E. Knox est né le 28 septembre 1808, à Dublin. Fils aîné d'une famille écossaise, il a obtenu une maîtrise de « M.A. from Brasenose College à Oxford », avant d'obtenir le grade de « Captain in the Life Guards ». À sa retraite du Régiment, il se marie avec Lady Jane Parsons en 1835. Le couple passe le reste de sa vie dans le Surrey et Sussex.
 
     Décrit comme un homme fier, toujours bien rasé et avec un oeil clair et vif, Knox est un sportif amant de nature, de chasse, de tir et de pêche, il aimait toutes les saisons. Il mit en place une remarquable collection d'oiseaux à Sussex. Avec un ami proche, le duc de Richmond, il a passé plusieurs saisons en tant qu'invité sur les bords de la rivière Spey, à l'époque où la pêche au saumon et la chasse du cerf n'en sont qu'à leurs débuts comme sport.
 
     Le livre « Autumns on the Spey » (1872) est l'un des trois livres que Knox a écrits, le livre est basé sur des échanges de correspondances… Voici un extrait d'une lettre que Mr. M.C Grant écrivit à Francis Francis en 1866:
 
     Cher Monsieur :
     Tel que promis, je vous fais parvenir les toilettes des mouches de type « Spey » ci-jointes. Vous distinguerez aisément deux Purple King et une Green King. Les plumes, pour former la palmure, proviennent de coqs écossais et sont prises sur le bas du corps de l'oiseau, de chaque côté de la queue (croupion) ou du bout des ailes. Ces coqs sont rarement vus ailleurs que chez les monteurs de mouches, qui les élèvent strictement pour leurs plumes.
Signé; M. C. Grant.
 
     Les deux autres étant « Ornithological Rambles in Sussex », publié en 1849 et « Game Birds and Wild Fowl, their Friends and Foes », publié en 1850. Knox a également contribué à plusieurs articles dans « zoological magazines ». En plus d'écrire sur la pêche, il écrivait aussi sur les cerfs, le tir et la nuisance de l'écureuil roux.
 
     Il est décédé dans la maison de sa fille, près d’Arundel, le 23 septembre 1886.

William Blacker (1814 – 1857)

William Blacker (1814 – 1857)
     William Blacker est né le 14 janvier 1814 à Cronbane, près du village de Redcross, dans le comté de Wicklow en Irlande. Il migre à Londres, en Angleterre, au début des années 1840. Avec l'augmentation rapide de popularité de la pêche du saumon, il mit en place en 1843 une boutique de matériel pour le montage de mouche et la pêche du saumon. Blacker crée et développe des nouveaux styles de mouches. Ses mouches sont de plus en plus lumineuses et de plus en plus populaires.
 
     Sa popularité se propage, et Blacker ouvre une école de montage de mouches, où il enseigne jusqu'à quatre heures chaque jour. Ses mouches à truites étaient traditionnelles et provenaient en grande partie de ses oeuvres antérieures, mais les mouches à saumon, tant qu’à elles, sont un nouveau style de mouches, qui n'avaient jamais été vues auparavant.
 
     En 1842, il publie : « Art of Angling, and Complete System of Fly Making and Dying » Une publication extraordinaire, les pages étant entrelacées avec des dizaines de mouches, et chaque copie étant unique. La grande majorité des copies renfermait seulement des mouches à truite, mais quelques-uns contenait des mouches à saumon pour lesquels Blacker est devenu célèbre. Il a révisé son travail en 1855, la production d'une édition « ordinaire » qui a été largement vendu. Cette édition présente le montage de mouches, des instructions détaillées, ainsi que les nombreuses illustrations.
 
     Les mouches de saumon Blacker étaient certains des modèles les plus originaux jamais liés, et présentent toujours un défi à la mouche commode professionnel. Il est probablement vrai de dire que Blacker était en grande partie responsable de l'explosion de la popularité des « Feathers Wing » mouches à saumon. Le montage de se type de mouches représente toujours un défit.
 
     William Blacker est décédé le 19 novembre 1857, à l'âge de 42 ans seulement, de la tuberculose, en compagnie de son grand ami Fitzgibbon à son chevet. Il était un génie à la hauteur de sa créativité.
 
     Dans la préface de son livre, Blacker écrit: « Depuis mon enfance, j'ai pris grand plaisir en allant le long des rivières, des ruisseaux beaux et romantiques de mon Irlande natale. Avec mes efforts incessants depuis de nombreuses années, en m'efforçant de plaire à un grand nombre de pêcheurs de saumon et les pêcheurs de truites de ce pays, j'espère que mon travail n'a pas été en vain ».

Alexander Mackintosh

     Livre: Alexander Mackintosh « The Modern Fisher or, Driffield Angler » (1821).

Major John Popkin Traherne (1826-1901)

     Le Major John Popkin Traherne est reconnu comme l'un des monteurs de mouches les plus novateurs de tous les temps. Il était probablement le plus esthétique et le plus talentueux monteur de mouches à saumon du XIXe siècle, et sans doute le maître de l'élaboration infinie... Il était le fils aîné de sa famille, et donc l'héritier de la succession familiale qui lui revint en 1859.

Major John Popkin Traherne (Salmon Flies)
Major John Popkin Traherne (1826-1901)
    En 1845, il entra dans l'armée (39e Régiment à pied de Dorset). Il servit ce régiment pendant près de six ans, au terme duquel il démissionna en 1851. Il servit par la suite comme Major dans la milice de Glamorganshire, où il prit sa retraite en 1865. À sa retraite, comme on pouvait s'y attendre, il occupe les bureaux du comté, qui étaient réservés aux principaux propriétaires. Traherne devint sous-lieutenant du comté, juge de paix et enfin, le haut shérif en 1863.

    En 1850, Traherne prit son premier Saumon. Très vite, il devint un passionné et mit au point des nouvelles techniques pour prendre du saumon. Il a tenu un certain nombre de dossiers notamment sur ses captures de saumon. À la fin des années 1800 après avoir pêché quelques-unes des meilleures rivières en Irlande, l'Ecosse et la Norvège. En 1864, il a capturé 165 poissons dans les quinze jours sur la rivière Namsen en Norvège, un record qui tient encore aujourd'hui.

    Entre 1862 et 1869, Major Traherne déteint des baux sur un certain nombre de rivières à saumons en Norvège: la Lyngdal, la Maals, la Namsen et la Alten. Après 1886, les rapports des rivières dans « The Fishing Gazette » indiquaient que Traherne détenait un bail depuis déjà quelques années sur la Stanley, la Tay, la Boyne ainsi que la Lee.

     Traherne pêchait le saumon avec une canne en bambou « Greenheart ». Un jour il prêta sa canne favorite à Charles Farlow  de « Farlow's Co. »  afin qu'ils puissent dupliquer son action, et ainsi reproduire une canne "Traherne" en un modèle destiné au public. Le moulage de la canne se fit dans le plâtre. Toutes les conditions étaient réunies pour le succès: Traherne était l'un des préférés de la publication et des experts de la pêche du saumon. La canne d'origine avait déjà la cote puisqu'elle avait remporté le championnat du tournoi de lancer. Celle-ci, qui mesurait 17 pieds 4 pouces, avait fait un lancer de plus de 45 mètres. Combien d'entre nous, de nos jours, pourraient égaler cette distance? Cette canne en Bambou refendu portait le nom de Made-Farlow "Traherne". Elle a été mise en marché le 26 juillet 1884. Polyvalente, elle était appelée à exercer des lancers dans toute sorte de conditions météorologiques.

    En 1883, à l'Exposition universelle de Londres, le major Traherne a remporté le titre de meilleur monteur, avec une exposition de 18 de ses modèles de mouche du saumon. Ces 18 mouches sont devenues le début d'une série d'articles écrits par George M. Kelson dans « The Fishing Gazette ».

    Il existe deux principaux aspects des modèles de mouche du Major Traherne: d'abord, son utilisés seulement des plumes de couleurs naturelles et le second est que la composition des ailes en plumes est visible presque entièrement sur sa quasi-totalité. Beaucoup de ses créations, renferme des dégradés de plumes. EX : la parure de la « the Chatterer » révèle de l'utilisation des petites plumes bleues provenant de la tête de l'oiseau, elles sont sélectionnées directement sur la peau, selon leurs grosseurs et longueurs. Il utilisait aussi beaucoup des crêtes de faisan doré comme matériau dans l'aile, cela nous suggèrent que ses mouches étaient de grande taille, plus que les modèles standard.

The Salmon Flies par Paul Schmookler
     La « Emerald Gem », un merveilleux montage composé d’ara vert et bleu et de faisan doré superposé comme aile, était tout un défi technique. Elle nécessite au moins seize plumes d’ara vert pour former son corps... Je l'ai d'ailleurs toujours considéré comme l'une des plus belles de toutes les créations du Major Traherne. Les mouches de Traherne étaient des chefs-d'œuvre.

     Il a créé des mouches nécessitant beaucoup de travail et de patience pour bien harmoniser leurs couleurs extraordinaires. Il pouvait prendre une heure… pour asseoir correctement les ailes d'une mouche.

     Traherne a fortement contribué à « The Fishing Gazette » dans les années 1870, 1880 et 1890. Il a également joué un rôle de premier plan, notamment dans le débat sur le cycle de vie du saumon. En effet, dans les années 1870, beaucoup croyaient que le tacon, le saumoneau et le saumon étaient des poissons distincts. De plus, il a contribué au livre de Cholmondeley-Pennell, H. (Henry), 1837-1915, nommé « Fishing » (1889).

     Le Major Traherne représente le Grand-Maître des monteurs de mouches de l'ère victorienne et du style de la « Shannon Salmon fly dressing ». Il a transmis son savoir, car il disait que c'était son rôle d'agir comme véhicule de transmission pour la postérité de la « Shannon School of fly dressing », l'école de montage de mouche et de pêche à la mouche. Ses patrons de mouche étaient et sont toujours de vrais chefs-d'œuvre. Plus que toute autre chose, ses mouches sont une célébration des matériaux divers, tels que les plumes, les hackles, le dubbing, le tinsel, etc... Combiné à une créativité artistique impressionnante, ses mouches étaient tout simplement fantastiques. Bien qu'ils ne soient plus ou presque plus utilisés de nos jours, ses patrons de mouche restent un défi technique pour le plus accompli des monteurs de mouche. Traherne et sa génération ont ajouté la touche finale à la mouche à saumon entièrement habillée (Feathers Wing ou Classic Wing). En 1886, dans « The Fishing Gazette », Marston a écrit le profil de la carrière de ce GRAND du montage de mouche et de la pêche du saumon.

     Le livre « The Salmon Flies » par Paul Schmookler, publié en 1993, ce veux un hommage au Major John Traherne. À l’intérieur : plusieurs photos exquises de mouches imaginées par le Major John Traherne et montées par Schmookler lui-même.

George Mortimer Kelson (1835 - 1920)

     George M. Kelson (1835-1920) était l'un des caractères les plus controversés de la pêche au saumon, il est né dans le Kent, qui est situé juste en dehors de Londres (pratiquement à Cockney).

George Mortimer Kelson
     Son père était un médecin/chirurgien, un bon pêcheur de saumon, ainsi que l'inventeur de nombreuses mouches. George M. Kelson était un bon athlète, dans le tir, la natation, en plus d'être un bon conteur. Il excellait dans les courses de chevaux en pleine campagne « Steeplechase », mais sa grande passion était de pêche du saumon. Au cours de ses nombreux voyages de pêche tout au long de sa vie, il a capturé pas moins de 3 000 saumons. Il a aussi participé et remporté plusieurs tournois de lancer à la mouche. Il était facile à reconnaître, avec son chapeau melon qu'il portait invariablement, ainsi que ses moustaches. Il les portait fièrement, sans doute pour donner l'image du parfait gentleman de l'ère victorienne anglaise.

    Lors de l'Exposition de Berlin de 1880, Kelson avait exposé une vingtaine de mouches à saumon qu'il avait monté. Il fit de même à l'Exposition internationale de pêche en 1883. Après cet événement, Kelson devint très connu, son portrait étant sur le panneau de publicité à cette grande exposition. Cette affiche le montrait, tenant sa canne ainsi qu'une mouche qu'il avait montée. La publicité qui avait suivi dans la gazette de pêche le rendit célèbre. De plus, de 1886 à 1902, il a publié une série très réussie de cartes montrant ses mouches à saumon. Cette série est unique, et maintenant très recherchée. Certaines des mouches ont été conçues par Kelson, telles que la « Ardea Silver », la « Ray Mead » et la « Wye River »...

    C'est lors de cette exposition de 1880 que George M. Kelson et Major John P. Traherne se sont probablement rencontrés pour la première fois. Toutefois, il est aussi possible que leur première rencontre fut sur la rivière Usk, non loin de la maison Traherne. Les deux hommes n'auraient pas pu être plus dissemblables.

     Kelson se fit des ennemis et sema la controverse partout, Traherne, pour sa part, était un homme d'affaire qui avait fait fortune comme marchand à Londres. Traherne était un homme d'une grande douceur et d'une grande bonté.

     Kelson a été également célèbre pour la conception d'un moulinet. Il se posait la question: « comment freiner le Saumon dans sa course sans toucher sa bobine? » Le moulinet avec frein à paume ne permettait pas une grande précision dans le freinage. C'est pourquoi, sous brevet, il conçut des dessins d'un moulinet qui était équipé d'un mécanisme de freinage comparable aux freins à disques sur les moulinets modernes. Kelson soumit à Farlow. Co. ses dessins... Le moulinet était né! À l'époque, il y avait deux modèles de moulinet; celui pour la pêche du saumon, le "Farlow & Co 3.5 pouces", était le moulinet le plus évolué de son temps. Il était en laiton (brass), et il avait une poignée en corne d'ivoire ainsi qu'un pied pour le fixer sur la canne. La façade du moulinet était gravée. L'autre version du moulinet était destinée à la pêche à la truite. Mesurant 2 pouces et 3/4, la poignée était aussi en ivoire. Plus tard, le brevet a été éclipsé par le "Hardy Perfect", qui comprenait une bobine amovible.

Major John Popkin Traherne (1826-1901)
    George M. Kelson a débuté sa série et la description de ses mouches à saumon pour son livre « The Salmon Fly » au printemps 1884. La chimie et la technologie des colorants ayant évolué rapidement dans la seconde moitié du 19e siècle, il utilisa des teintures commerciales pour teindre ses matériaux. Jusqu'à ce jour, seule la teinture naturelle était normalement employée pour teindre les matériaux. L'invention des teintures naturelles était l'œuvre des contemporains Jones et Blacker. En 1895, Kelson publie une œuvre monumentale nommée « The Salmon Fly ». Ce livre contient 510 pages de texte, 46 pages d'illustrations ainsi que 8 planches en couleurs montrant 52 mouches. En plus des nombreuses illustrations sur les techniques de montage et de lancer à la mouche, Kelson inclue des illustrations de M. Wells, AV-Ridley J.P, et Major J.P Traherne.

     La publication de l'ouvrage a cependant attisé les ressentiments entre Kelson et Marston, l'éditeur de la Gazette de la pêche « the Fishing Gazette ». Celui-ci soulignait que Kelson s'était approprié des modèles de mouches. La « Durham Ranger » est un bon exemple de la négligence de Kelson, car elle avait été réellement inventée par M. W. Scruton. Marston contestait aussi la fameuse « Little Inky Boy »,  qui serait la mouche du Major Traherne.

     Kelson publie 1901 son deuxième livre « Tips ». Une édition spécial de 150 exemplaires numérotés, entièrement relié en cuir noir, titré en doré fut mis en vente. Le livre donne des conseils sur les cannes à moucher, comment la sélectionnée, les mouches à utilisées, les techniques de pêche, les noeuds, et des conseils généraux. Il termine le livre avec quelques pages de commentaires de son livre « The Salmon Fly ». Il fut réédité en 2001.

    Malgré les controverses, le livre de George M. Kelson « The Salmon Fly » (1895) est encore de nos jours considéré comme l'une des plus grandes œuvres sur le thème du montage de mouche et de la pêche du saumon Atlantique. Il a été publié une seconde fois en 1995.

    En fin de compte, une grande partie de la réputation de Kelson a été ternie, mais le livre reste toujours l'un des grands classiques de l'époque.

William Blacker's

    Livre: William Blacker's, « Art of Angling, and Complete System of Fly Making and Dying » (1842).

Frederic Michael Halford (1844 - 1914)

Frederic Michael Halford (1844 - 1914)
     A cette époque les imitations d'insectes étaient, je le rappelle très grossières, Halford étudia de plus près la faune aquatique et élabora une technique de pêche et des imitations capables de leurrer les plus beaux poissons de la Test River.

     Considéré comme le pêre de la mouche sèche, voire archisèche il a été un peu caricaturé comme le puriste qui ne pratiquait que la pêche amont sur gobages avec la "mouche exacte" et.... parfaitement sèche! Ses débuts à la mouche se feront a 24 ans sur la Wandle river, une rivière que possède un ami de son père où il apprendra à pêcher les gobages en sèche ,une pratique connue mais qui n'en est encore qu'à ses balbutiements.

     A 45 ans, ce gentleman renonce à sa vie professionnelle, sa situation familiale lui permet de se dédier totalement à ses deux passions: la pêche et l'écriture.

     Il est resté également célèbre en raison de ses différends avec George Eward Mackenzie Skues , l'inventeur de la pêche à la nymphe à vue, de quinze années son cadet, qu'il avait à ses débuts chaperonné ..avant leurs polémiques.

    Halford a publier quatre autres livres « Making a Fishery » (1895), « Dry Fly Entomology » (1897), « Modern Development of the Dry Fly» (1910), et le « Dry Fly Man's Handbook » (1913), seul le dernier écrit en 1913 sera traduit en français: "The dry fly mans' handbook", ( "Précis de la pêche à la mouche sèche") en 1914 par le Fishing Club de France.
 
     Si la pêche en sèche conserve aujourd'hui  encore tout son prestige, elle a néanmoins connu quelques tribulations. Frédéric Halford est une figure charnière de l'histoire et de l’évolution de la pêche à la mouche sèche. L’homme qui a tant donné de sa vie au développement de la pêche à la mouche sèche prend à juste titre sa place parmi les grands.

Frederic Tolfrey

    Livre: Frederic Tolfrey « Jones's guide to Norway » (1848).

Theodore Gordon (1854 – 1915)

Theodore Gordon (1854 – 1915)
     Theodore Gordon, un ermite avec une personnalité cosmopolite, était un écrivain et pêcheur à la mouche de la région de Catskill, dans l'état de New York à la fin des années 1800 et au début des années 1900. Il écrit des articles pour le « Fishing Gazette » de 1890. Il publie aussi une oeuvre nommée « Forest and Stream » (1903), en plus de publier parfois sous le pseudonyme de Badger Hackle.

    Il a appris à confectionner ses mouches à la lecture du livre « The American Angler's Book » (1864) par Thaddeus Norris, il lisait aussi de la littérature de pêche à la mouche britannique de l'époque et correspondait avec notables pêcheurs à la mouche britanniques Frederic M. Halford et GEM Skues pour parfaire ses compétences.

    Au début ses mouches étaient basées sur les insectes britanniques, (les mouches de Halford) donc répondaient mal aux eaux américaines... Alors, Gordon a adopté une technique innovatrice. C'est ainsi qu'il a commencé l'entomologie, qui est l'étude pénible des insectes dans leurs environs de rivières, qu'il fréquentait (Neversink, Beaverkill et Willowemoc Creek).
 
     Suite à ses études, il a créé de nouveaux modèles de mouches, y compris sa plus célèbre, la « Quill Gordon ». Bien que il n'à jamais publié un livre, il représente la figure majeure de la transition entre la mouche mouillée et la mouche sèche aux Etats-Unis, il appelé le père de l'école américaine de la pêche à la mouche sèche.

    Gordon a vécu ses dernières années et est mort en 1915 dans la maison Anson Knight.

Alexander Grant  (1856 - 1942)

     Alexander Grant était originaire de la vallée de la Spey, a la fin du XIXe siècle et du début du  XXe il a fixé une base du Spey Casting, qui n'a que relativement peut changer. Avec l’arrivé de nouveaux matériaux…, des gens comme Scott MacKenzie, David Bishop... l'ont fait évolué.
 
     Né en 1856 à Croft, à proximité Battangorm Carrbridge dans les Highlands d'Ecosse. Après avoir quitté l'école à l'âge de 8 ans, Alex... a commencé à jouer du violon à l'âge de 10 ans. Ont dit que, après sa première leçon de violon, il a refusé de revenir parce que le son du violon de son professeur était mauvais. Cette histoire semble un peut exagéré, mais reflète fidèlement la minutie de Grant pour la qualité sonore de l'instrument. Le violon deviendra une grande passion toute sa vie. Cette appréciation du son et de la vibration a été quelque chose qu'il a utilisé lors de la conception de sa célèbre canne Spey « Grant Vibration ».
 
     Grant a débuté comme pêcheur à la mouche dans les eaux argentées du bassin de la rivière Spey. En plus d'être un moucheur et un monteur de mouche doué, en 1887, il ouvre une boutique de pêche dans sa ville natale de Carrbridge. Il débute la conception de sa célèbre canne « Grant Vibration ». Les affaires son dur, il est difficile pour lui de gagner sa vie et l'année suivante, il va travailler comme guide pour Lord Burton de Glenquoich Forest sur la rivière Garry. Durant cette même saison il capture un saumon gigantesque en Septembre, avec une mouche « Thunder & Lightning ». Après un combat titanesque, le poisson est finalement sur la berge, une foi le Saumon à ses pieds, il fut peser et enregistré a 55 livres. 

Caractéristiques de la « Grant Vibration »

     Plusieurs pensaient que les performances remarquables de cette canne pouvaient provenir des joints de jonctions révolutionnaires, donc il fait une demande de brevet (brevet n° 10385) le 28 mai 1894. La demande décrit l'invention comme une épissure pour les cannes à pêche, elle fut acceptée le 4 mai 1895. Chaque section de la canne était coupée à angle, la surface des angles était raboter plat pour permettre un ajustement parfait. Les sections sont ensuite attachées ensemble (sur environ 6 à 8 pouces selon les sections) par une lanière de cuir traitées (le lacet de cuir a été finalement remplacé par du ruban isolant). Ce système de joint permettait à la canne de plier uniformément sur toute sa longueur, en créant un arc parfait, ce qui n'était pas le qu'à des autres constructeurs de canne à moucher de l'époque. Son idée est une réussite, créé une canne à moucher qui se comporte comme un jeune arbre nouvellement coupé, avant qu'il ne se dessèche, en d'autres termes, pour répartir la charge de la ligne (soie) uniformément tout au long de la canne.

     Une autre caractéristique unique de la canne « Grant vibration » étaient les anneaux « Drop-Down » qui se plient sur la canne lorsqu'elle était levé à la verticale. Quand la canne approchait de la verticale, les anneaux oscillants ce pliait contre la canne, piégeant ainsi la ligne (soie), cela permettait de prévenir des ventres dans la ligne entre chaque anneau. Grant a fait valoir que la ligne doit toujours être sous tension dans le lancer. Quand le lanceur perd momentanément la tension sur la ligne, la gravité entre en jeu, grâce au pliage des anneaux, la ligne se tiens près de la canne et au moment ou la canne fléchie vers l'avant, aucune énergie précieuse de la canne n'étais gaspillés par les poches de mou dans la ligne.
 
     Le vrai secret de la réussite de la canne « Grant vibration », c'était son conique spécifique. Chaque canne était vérifiée acoustiquement, canne par canne, comme un musicien talentueux fabrique à la main son propre violon, c’est là qu’il a commencé à expérimenter les principes de la vibration. Il a réalisé que la densité du bois varie, selon l’essence, l’âge du bois... cela signifiait que deux cannes fabriquées de la même longueur, de même diamètre et de même spécification, donnent différentes actions. Chaque section de la canne était vérifiée pour produire une canne qui fléchie uniformément. Cela signifiait que chaque section de la canne, était vérifiée pour identifiées, les plus molle ou plus rapide, l'action de la canne complète est vérifiée, résultant d'une canne très puissante grâce à son action unique. Comme beaucoup de grandes inventions, la canne « Grant vibration » est né d'une nécessité.
 
     L'eau qui coule devant la maison de Grant était sa bien-aimée (rivière Ness), qui prend sa source du Loch Ness et qui elle, coule à travers la ville d'Inverness. La ville comptait de nombreux pêcheurs compétents avec des lancés remarquable. Pour pêcher sur un fleuve comme ça, il fallait être en mesure de lancer une longue ligne, non seulement pour couvrir autant d'eau que possible, mais aussi pour lancer plus loin que ses compatriotes pêcheurs.

    Lors du voyage inaugural avec sa création (Grant vibration), sur la rivière Ness, Grant paria avec autres pêcheurs qu'il les battrait par au moins dix mètres. Il remporta son pari. Lors d'une autre compétition sur la rivière, une foule de spectateurs s'était rassemblé, à nouveau les paris sont ouverts entre la fraternité de pêcheur de la ville. Grant a commencé à allonger sa ligne, des mots d'encouragements et de mépris ce fond entendre sur la rive. Avec une grande longueur de ligne sortie du moulinet, il leva la canne et fait un lancer étonnant, le lancer est énorme. La distance entre la position de Grant et le bout de la ligne, mesurée avec précision et enregistré que 47 verges.

     En 1895, Grant a été invité à participer à un concours par « The local magistrate and angling » don l'auteur était, Mr J.H Corballis. Mr Corballis, était bien connu dans le milieu, il était un sportif passionné et résident du Château Moniak sur la rivière Beauly. Son intention était d'inviter une sélection de notables de toute la région des Highlands, pour prendre part à une compétition qui se tiendra à partir d'un bateau amarré sur la rivière Ness. Il n'y avait pas d'hameçon sur la ligne et les lancés serait tout simplement exécutés droits vers l'aval le long d'un couloir qui avait été construit spécialement pour l'événement. En utilisant une canne de 21ft, le principal concurrent de Grant a pris son tour à la ligne de départ, avec un effort colossal, il fait un lancer d'une distance de 56 mètres. Avec la palette de sa casquette tournée vers l'arrière, Alexander Grant s'amène au départ, il a sortie sa ligne du moulinet et fait un lancer avec « Grant vibration » de 21ft. Il serait juste de dire qu'il fut le point de mire de la compétition. Sa plus longue distance a été officiellement enregistrée à 65 mètres, se lancer est la plus longue distance jamais enregistrée pour un lancer à la mouche.

     En 1896, il fut invité à Londres sur la Rivière Thames, face à un public de journalistes de pêche. Parmi le public figuraient M. Crawshay et M. Wilson, de « Rod and Gun » et les éditeurs de pêche de « Land and Water » et de « The Field ». Le soir précédant la compétition, Grant a assisté à un rendez-vous avec un panel de journalistes, l'essentiel des interrogations portait sur la qualité de son lancer avec ses nouvelles cannes vibration. Il a demandé aux journalistes présents « Quelle a été la plus longue distance de lancer enregistrée à ce jour? » M. R. B. Marston répondi: 49.5 mètres, le record du monde est détenu par John Enright du château de Connell. Grant soutient que pour une canne de cette longueur en situation pratique de pêche, elle devrait avoir une puissance de levage de 20 mètres ou plus sur l'herbe. M. Marston a alors ajouté « Voulez-vous dire que vous pouvez soulever et lancer 70 mètres de ligne? Grant répondi « Je veux dire que, si je peux soulever quasiment 49 mètres, je ne manquerai pas de puissance pour lancer 20 mètres de plus.
 
     Le matin suivant, Grant après un bref échauffement, la ligne est tendue sur l'herbe, il soulève la canne et pousse la canne vers l'avant. Quand la ligne de touché l'herbe, le lancer était de 74 mètres de l'endroit où se tenait Grant. Grant a alors demandé à un juge du concours s'il voulait marcher jusqu'au bout de la ligne et la tendre pour évalué le mou sur la ligne, le juge à tirer sur la ligne et a trouvé qu'il y avait que 15 centimètres de mou. John Enright à été témoin de ce spectacle incroyable et aux démonstrations de Grant au cours de ces trois jours. Trois ans plus tard, Grant et Enright ce sont rencontré lors d'un tournoi lancer à Londres, il ne s'était pas revu depuis le tournoi « Kingston-on-Thames ». Enright demande à Grant s'il pouvait venir en Ecosse pour en apprendre davantage sur ses techniques de lancer et ses cannes « Grant vibrations ». Malheureusement Enright n'a jamais été capable de donner suite, très peu de temps après leur rencontre, le grand Irlandais a succombé d'une maladie peu de temps après.
 
     Au début des années 1900, Grant a vendu ses droits (brevet) pour la canne « Grant Vibration » à Charles Playfair d'Aberdeen pour un montant non divulgué, avec un paiement de redevance pour chaque canne vendue. Pendant le processus d'élaboration, Playfair n'a pas utilisé les principes acoustiques que Grant à développer pour chaque canne… les responsables du développement de la canne de Grant dans l'entreprise, ont tout simplement copiées les tailles des versions originales de chacune d'elles.
  •  The Grant Vibration Rod

     Après avoir vendu ses droits à Charles Playfair, Grant concentre ses efforts sur sa passion première, le violon. Retourné en Ecosse, il fut employé dans les travaux forestiers à Cullen. Il s'est intéressé à différentes essences et qualités du bois. Il était passionné pour ce qu'il appelait « les qualités rythmiques et vibratoire de bois ». Il était émerveillé par la qualité sonore du bois. C'est à cette période qu'il a conçu son violon « Rondello ». Cet instrument avait une forme distinctive, ce violon en plus de l'avoir fabriqué, il en joue merveilleusement bien, Grant fut acclamé partout en Ecosse..., il est un soliste de classe supérieure. Grant, et son ami proche Scott Skinner joue ensemble pendant près de 40 ans au « Strathspey Highland Society & Reel » (fondée en 1903). Grant en joue jusqu'à sa mort en 1942. Le premier violon de Grant connu date de 1896, plusieurs violons de Grant et le Rondello sont dans le musée Inverness Museum  à Inverness.

George Edward Mackenzie Skues: (1858 - 1949)

George Edward Mackenzie Skues: (1858 - 1949)
     Ce fut un des plus grands pêcheurs à la mouche de tous les temps, défenseur de la noyée en opposition totale avec Halford champion de la sèche, et inventeur de la pêche à la nymphe a vue sous la surface, et pour l’anecdote père de la T’ups indispensable…
 
     Né au Canada d’une noble famille du duché de Cornouailles, ses parents reviennent s'installer en Angleterre. C'est là au coeur des chalk streams qu'il achètera ses premiers hameçons à blanchaille, chez Hammond, la même boutique ou se rencontreront Mayrat et Halford. En 1887 la lecture du livre de Halford l’amena au montage dans lequel il excella malgré son infirmité (il n'y voyait pas d'un oeil) grâce à une loupe d’horloger !
 
     La même année, grâce à une invitation, il pêchera l'Itchen, qui deviendra sa « Home River » où il pêchera en compagnie de Halford pendant une semaine en 1891 mais il n’accepte bientôt plus les préceptes trop rigoureux du maître de la sèche… pour promouvoir la mouche noyée à partir de 1899! « Attendez un instant ce truc de la mouche sèche est en train de devenir une vraie religion, rien à voir avec un sport, si j'en attrape, qu'importe que ce soit comme les vieux pêcheurs à la noyée ! »
 
     C’est à cette époque qu’il « perfectionne » une mouche sèche de RS Austin au corps rosé imitant les éphémères pâles en utilisant des poils de testicules de bélier et qu’il surnomme avec humour « Tup’s indispensable »
 
     Il pêche à la mouche depuis 30 ans, en Angleterre, mais aussi en Europe lorsqu'en 1910, il publie ses premiers écrits « Minor tactics of the chalk stream and kindred studies ». Il y a trois ans que Halford, qui l'a parrainé pour entrer au « Fly Fisher’s Club », a publié son dernier livre. Il commence à décrire les nouvelles possibilités de la pêche à la nymphe. Il cherche déjà la bagarre et dédie son livre à « Mon ami le puriste de la mouche sèche et à mes ennemis, si j'en ai ». Le titre même est une provocation « Minor tacties » contre les « Majors tacties » des élitistes de la pêche en sèche. Il commence à décrire les nouvelles possibilités de la pêche à la nymphe et utilise des plumes de poules pour monter ses mouches. Avant Skues, une truite qui nymphait était considérée « infaisable ». Il sera le premier à comprendre et à expliquer que lors d'une « éclosion », la prise de la nymphe sous l'eau est la première activité, visible ou non, et que ce n'est que plus tard qu'aura lieu la prise en surface. En revanche il ne s'est intéressé qu'à la nymphe émergente, c'est à dire dans la couche supérieure de la rivière. Il semble ignorer tout de la vie larvaire et des premiers temps de la métamorphose au fond. Il ne pêche que les poissons intéressés par l'ascension de la nymphe juste avant qu'elle n'atteigne la surface, alors que F Sawyer ira explorer à la nymphe au fil la profondeur avec ses nymphes lourdes type « Pheasant Tail » toujours aussi efficace aujourd'hui!
 
     Son œuvre maitresse date de 1921 « The Way of a Trout whit a Fly », présentée ici dans sa traduction" La truite et la mouche". Passionné par la vision de la truite…, Skues était également, comme Halford, un inconditionnel de la mouche exacte, et un fervent défenseur de la délicatesse de l'approche et du poser..! Le Fly Fisher’s club tentera de l'expulser , mais ne s'y résoudra pas vraiment, et il sera interdit de pêche sur certains parcours de la Test et de l'Itchen, pas seulement à cause de la nymphe mais surtout pour son acharnement envers le très respecté et admiré gentleman Halford!

Edward Fitzgibbon (Ephemera 1865)

     Livre: Edward Fitzgibbon, 1803-1857 « A handbook of angling » (Ephemera 1865).

J. H. Hale

    Livre: J. H. Hale « How to Tie Salmon Flies » (1892)

Mary Orvis Marbury

     Livre: Mary Orvis Marbury « Favorite flies and their histories » (1892).

Sir Herbert Maxwell

    Livre: Sir Herbert Maxwell; « Salmon and Sea Trout » (1898).

A. Shipley Malcolm

     Livre: A. Shipley Malcolm « A Dictionary of Trout and Bass Flies » (1898).

E. M. Tod

    Livre: E. M. Tod « Wet-fly fishing » (1903).

John James Hardy

    Livre: John James Hardy « Salmon fishing » (1907).

Dr. T. E. Pryce-Tannatt

    Livre: Dr. T. E. Pryce-Tannatt « How to Dress Salmon Flies » (1914).

George Michel Lucien La Branche

George Michel Lucien La Branche
     George M. La Branche contribua quant à lui au développement des mouches sèches « Dry Flies » en 1920. Les mouches sèches pour la pêche du saumon rendent le sport vraiment fascinant. La province du Nouveau-Brunswick fut à l'origine de cette forme de pêche au Canada. Cela fait déjà presque un siècle que l'on pêche le saumon avec les mouches sèches dans cette province. Les premières mouches sèches ont probablement été utilisées pour la pêche à la truite, mais rapidement, les pêcheurs de saumon développent des patrons de mouches adaptées pour le saumon. Certaines vivent encore aujourd'hui, comme la « Colonel Monell » et la « Soldier Palmer ».
 
     Ces mouches sont montées avec beaucoup de hackles à l'avant pour garder une bonne flottabilité. Cette mouche avait un aspect et une forme de bouteille. Les premières descriptions de ces mouches sèches  spéciales pour la pêche du Saumon se retrouvent dans le livre: « The Salmon And The Dry Fly » (1924) par M. George M. La Branche. La Branche était un pêcheur de truite averti, mais également un pêcheur de saumon à la mouche. C'est avec son ami et mentor le Colonel Ambrose Monell qu'il pratiquait ce type de pêche dans la rivière Upsalquitch, au Nouveau-Brunswick.
 
     Monell était probablement parmi les premiers pêcheurs de saumon à jamais prendre du saumon de l'Atlantique avec une mouche sèche en Amérique. Les rumeurs à propos des compétences de La Branche ont atteint l'Angleterre et le légendaire pêcheur A.H.E Wood lui a lancé une invitation. Il l'invite à se joindre à lui sur la rivière Dee, en Écosse. La Branche se rend donc sur la Dee, où il a capturé un grand nombre de saumons, mais très peu a la mouche sèche. On peut seulement deviner pourquoi La Branche avait de tels problèmes pour capturer du saumon sur la Dee. Le fait que ses mouches étaient attachées sur des petits hameçons ne l'a probablement pas aidé beaucoup... L'histoire de La Branche et de ses défaites sur la Dee fit naître le scepticisme et renforça l'idée qu'avaient les pêcheurs conservateurs à l'effet que le saumon ne se pêchait pas à l'aide d'une mouche sèche.
 
     Les mouches mouillées « wet flies », favorites de George M. La Branche, était la « Queen of the Waters » et la « King of the Waters ». Un roi (King) n'est pas beaucoup différent de la reine (Queen), excepté pour le corps (body) scarlet sur la King, au lieu d'orange sur la Queen. Dans certains cas, après séchage, le colorant rouge dans le corps devient rose. La « Pink Lady » dérive de ces deux mouches, il décrit cette mouche dans « The Dry Fly and Fast Water » (1914). Roy A. Thompson, Colonel Ambrose Monell et Dr. Orrin Summers ont aussi contribué au développement des mouches sèches « Dry Flies » avec George M. La Branche sur la rivière Upsalquitch au New Brunswick, en 1910.

A.H.E. Wood

A.H.E. Wood
     Au début des années 1920 le précurseur de la pêche au saumon avec une flottante a été inventé par A.H.E. Wood. Sa technique révolutionnaire est l'un des grands développements dans la pêche à la mouche.
 .
     Malgré l'énorme contribution qu'il a apportée à la pêche au saumon, A.H.E. Wood reste dans l’ombre. Ses écrits se limitent à quelques lettres et des articles dans la presse de la pêche du jour, un chapitre dans un livre intitulé "Pie Fisherman" édité par la Hollande en 1926, et divers comptes de sa technique par des tiers. Le meilleur d'entre eux se trouvent dans Crossley « The Floating Line for Salmon and Sea-Trout » (1939), et bien sûr, incomparable Jock Scott's incomparable « Greased Line Fishing for Salmon » publié en 1935. Au-delà de cela, nous savons très peu de choses, si ce n'est qu'il n'a cessé d'innover durant toute sa vie.
 
     Arthur Wood était un ingénieur de formation et un passionné de pêche au saumon. Aux yeux de la communauté de pêche, il se démarque des pêcheurs de saumon britanniques, pour trois raisons. Premièrement, il a pêché une ligne flottante, en utilisant sa technique « greased line » (qui est l’ancêtre des soies flottantes), même au printemps, et seulement quand sa propre méthode avait échoué, alors il revenait vers la ligne calante; Deuxièmement, il a utilisé une canne "courte" de seulement douze pieds (3,6 m) « il pouvait lancer sa mouche à une distance prodigieuse » (il avait des difficultés à utiliser une canne à deux mains (double-handed rod); Troisièmement, ses mouches étaient des modèles réduits (moins habillées). Il disait «  la mouche devrait nager de manière naturelle; vacillant, montant et descendant avec le jeu des tourbillons exactement comme le ferait un insecte, ou un peu de poisson qui était en difficulté. »

     Wood a été innovateur dans la manière de présenter la mouche au saumon. À la mouche sèche, il disait que « la mouche devrait dériver naturellement comme une feuille morte », c'est à dire librement de l'amont vers l'aval du courant. Wood considérait qu'une simple petite traction sur la mouche par l'action du courant sur la ligne peut être fatale. La mouche devrait plutôt nager en diagonale vers le bas et sur le rapide, d'une manière naturelle exactement comme le ferait un insecte ou un petit poisson qui est en difficulté.

     Son agenda de pêche personnelle (de 1918 et jusqu'à sa mort en 1996), désormais détenu par sa famille, enregistre ses expériences, ses découvertes sur la pêche dans différentes rivières, ainsi que ses mouches préférées, par exemple la « March Brown », la « Blue Charm », la « Logie » et la « Silver Blue ».
 
     Il a compris l'effet de la température sur la capture du saumon, et décrit l'effet de l'air…, plus froide que l'eau…, décider de la taille des hameçons. Le succès de sa méthode de pêche frappe les pêcheurs de partout dans le monde. Les saumoniers qui emploient ses techniques ont augmenté leurs moyennes de captures. Un homme remarquable!

Francis Francis

    Livre: Francis Francis « A book on Angling » (1920).

William Earl Hodgson

    Livre: William Earl Hodgson « Salmon fishing » (1920).

 Edward R. Hewitt

    Livre: Edward R. Hewitt « Secrets of the Salmon » (1922).

Alexander Wanless (La première mouche tube)

Alexander Wanless
     La première mouche tube a probablement été montée par l'auteur britannique et pêcheur M. Alexander Wanless, qui dans son livre « The Angler And The Thread Line » de 1932 montrent aux pêcheurs, son système de mouche montées sur tube. Alexander était un passionné de pêche, mais voulait apporter son propre style de pêche.

     Pour ce faire, il a conçu un type de mouches montées sur un tube. Alexander à expérimenter divers types de mouches dans sa série « Thread Line Salmon Fly ». Certains sont attachés avec des hameçons latéraux, d'autres sont attaché sur des barils façonnés avec du plomb. Ces mouches avaient tous une chose en commun, c’est qu'elles pouvaient être monter grosses, mais pouvait être utilisé avec des petits hameçons. L’Avantage des plus petits hameçons, c’est qu’il ne fonctionnerait pas comme des leviers quand le saumon les a pris, Alexander le décrit de cette façon!

The Angler And The Thread Line de 1932
The Angler And The Thread Line par Alexander Wanless
    Alexander Wanless n'a jamais vraiment obtenu le crédit approprié pour avoir inventer la première mouche tube - probablement parce qu'il était un pêcheur de lancer léger, plus qu'il n'était un pêcheur à la mouche. Lorsque vous regardez dans la littérature de pêche, le crédit de la première mouche tube a été donné à quelqu'un d'autre : Mme Winnie Morawski qui a travaillé dans une des entreprises de pêche à Aberdeen, qui reçoit le crédit pour la première mouche tube - en 1945. Mme Morawski initialement fait ses mouches avec de plus grandes plumes.
     Mais c'est l'ingénieux M. Alexander Wanless qui a probablement été l'inventeur du système des mouches montées sur tube.

     Alexander Wanless dans les années 1950 a vécu dans Dunblane une petite ville au nord de Stirling dans la région de Stirling en Écosse.
Thread Line Salmon
     À gauche: Une merveilleuse plaque de couleur du livre; The Angler And The Thread Line par Alexander Wanless. Livre publié en 1932.

     À droite: Une merveilleuse plaque de couleur du livre; The Angler And The Thread Line, montrant d'autres mouches de la série « Thread Line Salmon ». Les deux premiers avec des hameçons détachables, le milieu avec un poids supplémentaire permettant au pêcheur de le pêcher sur son engin léger.

Lee Wulff, (1905-1991), Le père du "No Kill"

Lee Wulff, (1905-1991), le père du "No Kill"
     « Game fish are too valuable to be caught oly once » : Un poisson de sport est trop important pour n'être capturé qu'une seule fois.
 
     Lee Wulff est né à Valdez en Alaska en 1905. Un territoire où l'eau et la terre n'ont pas de limites. Difficile de dire si le petit Lee apprit d'abord à marcher ou à pêcher. Son père encourage sa passion et pour ses neuf ans, il lui achète sa première canne à mouche en bambou refendu. Il se jette alors sur les catalogues de "Chasse et Pêche" afin de trouver des images de mouches artificielles à imiter. Il monte à la main et sans étau, il procédera ainsi toute sa vie. Il voyagera dans le monde entier, pêchant et capturant tout ce qu'il peut qualifier de poisson de sport, s'obligeant à utiliser le matériel le plus léger possible. Il pointe ainsi les normes de la pêche sportive en mer et en rivière.
 
     Au début des années 30, il monte les premières mouches de la collection Wulff: Grizzly Wulff, Black Wulff, Brown Wulff, Ausable Wulff et bien sur la Royal Wulff Mouche parfaite pour les eaux rapides et agitées.
 
     Insubmersible et très visible grâce à leurs ailes blanches. Elles connaissent et encore aujourd'hui un vrai succès au Québec, en Nouvelle-Zélande, aux Etats-Unis…, beaucoup moins en Europe où les truites (Truite brune, Fario) sont plus regardantes et se laissent difficilement tromper par de tels plumeaux, même en eaux rapides. Monter une mouche aussi complexe sans étau est vraiment un travail d'artiste. À peu près au même moment il fait construire une collection de cannes en bambou refendus par un ami qui fabrique des cannes en bambou (bambou du Tonkin et liège du Portugal).

     Dans les années 60 avec son inséparable compagne de pêche, sa femme Joan - que certains n'hésitent pas à déclarer meilleure pêcheuse que lui - ils découvrent Boca Paila (Caraïbe Mexicaine). Ils entreprennent la prospection des flats à la mouche et découvrent les incroyables atouts du permit (Trachinotus falcatus), du bonefish (Albula vulpes) et du tarpon (Megalops atlanticus) capturés avec une canne à mouche. Il invente ses premières artificielles « eaux salées » et vante leurs qualités sportives de ces poissons dans toutes les revues du monde anglophone. Les résultats ne se font pas attendre, les années suivantes, la pêche aux « Bonefish », deviennent le nouvel Eldorado des moucheurs aisés.
  • Black Wulff
  • Grizzly Wulff
  • Royal Wulff
  • White Wulff
Joan Wulff - Wulff School of Fly Fishing
     Joan Wulff est la première instructrice à démystifier le mystère du lancer à la mouche, au point de pouvoir en comprendre l'ensemble de la mécanique. Elle présente sa technique dans son livre, « Fly Casting Techniques » (1987). Elle est également l'auteure de « Joan Wulff's Fly Fishing ; conseils d'experts par la perspective d'une femme » (1991) et « Fly Casting Accuracy » (1997). Elle publie dans le magazine « FLY ROD & REEL ». Elle publie de nouvelles vidéos « Dynamics of Fly Casting » (1997). Joan Wulff Teaches Fly Casting: « Hand Tension »...
 
     Sur une période de seize ans, elle a remporté 17 nationaux et un championnat international de lancer à la mouche, avec un lancer incroyable de 161 pieds. Joan continue d'être la récipiendaire de nombreux prix relatifs à ses efforts dans le secteur de la pêche et de la conservation. En 1996, Joan forme des instructeurs dans le lancer à la mouche, et devient consultante pour la Compagnie Co R.L. Winston. Elle travaille davantage dans le développement des cannes adaptées pour les femmes.

No Kill

no kill
     L'anglais J. C. Mottram au début du XXe siècle relâchait ses prises, il disait défendre des principes moraux. L'américain Harold T. Pulsifer, à la même époque, écrasait les ardillons des hameçons pour relâcher ses prises « vivantes ». John Alden Knight dans son livre « The modern angler » défend l'idée qu'un pêcheur désireux de jouir de son sport des années durant, doit impérativement relâcher une partie de ses prises. Enfin en 1939, Lee Wulf écrit son immortelle phrase dans son livre « Handbook of freshwater fishing », « Game fish are too valuable to be caught oly once ». Peut-être ne fut-il pas l'inventeur du No Kill, mais sans aucun doute il en sera le meilleur propagateur à travers le monde entier.

     Il meurt à 86 ans en 1991 dans un accident d'avion au Canada, en se rendant sur un lieu de pêche, fidèle à l'image de pêcheur aventurier qui le rendit si populaire. Aujourd'hui encore, il jouit d'un véritable culte chez les pêcheurs.
 
     Sa femme continuera seule l'entreprise familiale, auteur de manuels et de DVD pour apprendre toutes les techniques du lancer, créatrice d'une soie Triangle-taper qui connaît bon nombre d'inconditionnels. Les soies synthétiques produites par la firme Lee Wulff sont parmi les meilleures du marché.

Histoires de pêche au québec

     La pêche au saumon sur la rivière Mitis s’étend sur des millénaires. Les récentes fouilles archéologiques, qui ont eu lieu à l’embouchure de la rivière, montrent que les peuples autochtones venaient y pêcher et se régalaient probablement des saumons qui s’y trouvaient en abondance. En 1850, des sportifs prospèrent ont commencé à lancer leur ligne sur les rivières du Québec pour pratiquer ce noble sport. Les rivières de la Gaspésie et de la Côte-Nord ont alors acquis un caractère mythique grâce à leur beauté et à la quantité de saumons de bonne taille qu’elles recelaient.

Histoires de pêche au Québec
     La rivière Mitis a été identifiée comme rivière ayant un grand potentiel, mais il y a eu pour le saumon de nombreux obstacles à surmonter, comme les barrages et les déversoirs, utilisés par l’industrie du bois, et plus tard, les barrages hydroélectriques, pour répondre aux besoins de la vie moderne. Le saumon a même frôlé l’extinction.

     George Stephen, l’homme derrière la construction du chemin de fer du Canadien pacifique, a été attiré par la grande beauté du site de l’embouchure de la rivière. Il a donc acheté des terres des deux côtés de la rivière, acquis les droits de pêche et construit la Villa Estevan, son camp de pêche fréquenté par de nombreux dignitaires. Mon arrière-grand-mère, Elsie Reford, a hérité de ce domaine privé en 1918. Comme son oncle, elle était une adepte de la pêche au saumon.

La Villa Estevan
     Aujourd’hui, la rivière Mitis a bien changé. Il n’y a plus de paradis privé. Elle est accessible à tous sur presque la totalité de sa longueur. Le saumon y est abondant. Le domaine a pris le nom de Jardins de Métis, lieu historique du Canada et site patrimonial du Québec. La Villa Estevan est devenue un espace culturel. Plus de 50  000 personnes y viennent chaque année.

     Cette exposition sur la pêche au saumon sur la rivière Mitis explore l’histoire des gens qu’elle a inspirés, l’attrait singulier que nous avons développé pour ce poisson, Salmo salar – le sauteur – connu pour sa caractéristique de revenir frayer dans sa rivière d’origine. La rivière Mitis a, depuis toujours, une emprise particulière sur les humains qui, comme les saumons, y reviennent pour un pèlerinage annuel.

» Alexander Reford: Directeur, Les Jardins de Métis

     Commencer à lire l'histoire sur: « Histoires de Chez-Nous » du museevirtuel.ca

L'HISTOIRE DES MOUCHES À SAUMON AU QUÉBEC

    Si vous le voulez bien, commençons du début. Avant la conquête britannique de la Nouvelle-France en 1763, la pêche sportive du saumon de l'Atlantique était pratiquement inconnue au Québec. Bien que les documents coloniaux, datant du 17e et 18e siècle, révèlent que le saumon était abondant jusqu'à Montréal. (J'ai lu quelque part que la dispersion du saumon Atlantique se rendait aussi loin que Niagara Falls.)

l'histoire des mouches à saumon au Québec
     À cette époque, il semble que les colons français pensaient que le roi des poissons était une ressource inépuisable, il y avait du Saumon en abondance et il était facilement capturé. Cette idée conduit à des excès. Je me souviens avoir lu de vieilles histoires, à propos de certains agriculteurs qui vivaient le long des rivières, il se servait du saumon comme engrais.
 
     Les premières mouches classiques à nager dans les rivières du Québec ont été introduites très tôt, au 19e siècle, par des militaires britanniques et des hommes d'affaires à la recherche de nouveaux territoires de chasse et de pêche. Durant quelques années, le bruit court sur le potentiel exceptionnel de la pêche au saumon. Dans les années 1840, la pêche à la mouche du saumon Atlantique s’est établie comme la nouvelle tendance pour des familles francophones et anglophones riches et célèbres de Montréal et de Québec. Les rivières à saumon les plus étroites et les plus accessibles de la région de Québec ont ensuite été détenues par des familles françaises par des droits seigneuriaux. Cependant, quelques années plus tard, en raison de la forte demande, l'État a vendu et loué la plupart des rivières à saumon de la Gaspésie et de la Côte-Nord à des intérêts locaux et étrangers, ainsi qu'à des clubs et des sociétés.

Middle Camp
     En terme clair, cela signifie que la pêche au saumon serait restée un sport pour des hommes riches et, par conséquent, serait restée une affaire privée depuis près d'un siècle (1840-1940). Au cours de cette période, la pêche de la truite à la mouche connait un intérêt bien ordinaire. Il faut un certain temps, mais l'humain est arrivé à détruire les rivières et la pêche au saumon. À cause de l'endiguement, la pollution agricole et industrielle, l'exploitation forestière et la drave, les saumons indigènes et les fraies dans les rivières de l'ouest du parc Fjord Saguenay étaient menacés de destruction. Cette catastrophe écologique prit fin avec le début du 20e siècle.
 
     Au cours de cette période (1840-1940), les seules personnes autres que les "sports" qui pratiquaient le montage de mouches à saumon étaient quelques résidents employés par ces clubs de pêche. C'est en répondant aux demandes de leurs employeurs qu'ils ont été initiés aux mouches classiques, qui étaient jusqu'à lors importées des États-Unis, des Provinces Maritimes et de l'Europe.

L'APPRENTISSAGE DU MONTAGE DE MOUCHES

L'apprentissage du montage de mouches
     Au 20e siècle, les clubs de pêche employaient généralement les habitants riverains, des pêcheurs en mer, des bûcherons de descente français, anglais et amérindiens. Après avoir observé les pêcheurs de saumon "sports" qui prenaient grand soin de leurs mouches, ainsi que leur frustration lors de la perte ou du bris d'une de celles-ci, les gens du pays ont compris qu'ils pourraient probablement tirer un bénéfice en montant des mouches localement.
 
     Ces nouveaux entrepreneurs ont souvent été confrontés à des handicaps importants... La sous-scolarisation est bien étendue au sein des régions de la Gaspésie et de la Côte-Nord dans les années 1930. Une éducation limitée pouvait signifier un apprentissage limité en raison d'une compréhension de l'Anglais écrit et parlé plus ou moins bonne. De plus, avec des ressources financières limitées pour l'acquisition de livres pour les parures des mouches, le coût des matériaux exotiques et presque impossibles à trouver était un autre obstacle. Leurs conditions de vie tout comme l'accessibilité à des niveaux de scolarité plus élevés ne les ont pas empêchés de laisser leurs marques.
étau montage de mouches
    La majeure partie des connaissances était transmise d'une génération à l'autre par voie orale. La formation d'un apprenti se faisait habituellement par la voie d'un parent ou d'un ami de la famille, et cela signifiait souvent qu'il ou elle avait à apprendre et à mémoriser toutes les techniques et les matériaux nécessaires à la confection de ces mouches. Un tel processus de formation implique que l'aîné faisait une démonstration d'une technique particulière, que l'apprenti devait ensuite répéter jusqu'à l'obtention d'un résultat satisfaisant avant de passer à la prochaine étape de sa formation. Avec cette formation orale (sans écrits), les instructions et les modèles de mouches locaux ont été oubliés et perdus dans l'intervalle. Ceci pourrait expliquer d'une certaine façon la multitude de variations de certaines mouches classiques, par exemple la "Black Dose".

Carmelle Bigaouette
     Néanmoins, en utilisant leurs ingéniosités personnelles, ils ont appris eux-mêmes le montage de mouches en essayant de copier les mouches classiques qui leur avaient été données par les "sports". Recréer une mouche avec des ailes en plumes (classique) n'est pas simple... L'apprentissage consistait à déshabiller soigneusement une mouche classique afin de comprendre comment elle avait été initialement assemblée, étape par étape. On pourrait donc appeler cela une méthode d'essais et d'erreurs. Cette méthode serait couronnée de succès après beaucoup de pratique. D'autres auraient recours à des matériaux plus simples, tels que les poils d'animaux, ce qui a entraîné un style différent de mouches à saumon (les "Hairs Wing"). Les monteurs de mouches régionaux les plus doués et talentueux sont ainsi découverts (pensons entre autres à J.C. Arsenault). Leurs interprétations des mouches classiques attiraient l'attention, certains monteurs opéraient sur une base commerciale florissante et recevaient souvent des critiques constructives... Même que certains finirent par établir, pour eux-mêmes et leurs familles, une réputation remarquable.

Clovis Arseneault
       La connaissance des mouches traditionnelles s'est depuis considérablement détériorée. Plusieurs raisons expliquent cette perte de connaissances. On peut penser à la première et la seconde guerre mondiale et les récessions économiques ont eu un impact... Aussi, la plupart des descendants de ces grands artisans monteurs ont migré vers des cieux plus cléments, et avec eux la dispersion du savoir traditionnel. Sauf erreur, je crois bien qu'il reste un seul monteur de mouches classique qui a appris l'art des anciens de sa famille, et il s'agit de; Marc Leblanc, qui vit maintenant au Nouveau-Brunswick. Il a appris l'art avec sa tante Carmelle Bigaouette, qui elle-même l'avait elle-même appris de ses oncles Lapointe.
D.A. Lapointe
     La baisse de l'intérêt des mouches "Full Dress" ou Classique semble avoir touché le fond et s'est stabilisé il y a quelques années. Depuis le début des années 1980, il y a des signes d'une reprise d'intérêt pour ces modèles, mais sous forme d'oeuvres d'art. En effet, malgré cette baisse spectaculaire de l'utilisation de ces mouches pour la pêche du saumon, Alain Le... monte et utilise ses belles mouches d'autrefois (Feathers Wing, Dee Flies & Spey Flies) pour la pêche du saumon Atlantique depuis le milieu des années 1970.
 
     Une explication possible de la raison pour laquelle il a fallu si longtemps pour enrayer le déclin du montage de mouches est que les effets du déclubage des rivières à saumons ne s'étaient pas fait sentir avant les années 1970, après quoi, il a fallu une dizaine d'années pour que cette nouvelle génération de pêcheurs connaissent mieux le saumon de l'Atlantique et la pêche à la mouche. La pêche au saumon est toujours faussement perçue en général comme un sport pour les riches. Aujourd'hui, la majorité des passionnés de pêche au saumon est composée par citadins de la classe moyenne ou des habitants riverains locaux.

LES PREMIERS BOMBERS

Les premiers Bombers
    Les premières mouches sèche a saumon de style bomber sont apparus dans les années ..60 sur la rivière Miramichi au NB. L'histoire dit que c'était un révérend du nom de Elmer Smith qui a fait les premiers bombers.
 
     Apparemment, il a été inspiré pour faire cette mouche d'apparence bizarre quand il a vu un saumon monter sur un mégot de cigarette qu'il venait de jeté dans la rivière. Spécifions qu'au début les bombers étaient des mouches mouillées, mais très tôt elles sont devenues étroitement liées à la pêche à la mouche sèche.
 
     Les styles et les couleurs de ces mouches varient considérablement d’une rivière à l'autre, en raison de la couleur de l'eau, de la hauteur de l'eau... Ces mouches sont souvent montées avec des poils creux, comme celui du cerf de Virginie, de Caribou... Les hackles sont une partie intégrante du modèle de la mouche et ils sont enroulés sur le corps de la mouche par dessus les poils de chevreuil... Les hackles maintiennent la mouche à flot. Certains Saumoniers préfèrent des hackles simples pour obtenir un aspect plus léger. La queue est le plus souvent montée avec des poils de queue de veau, mais selon le style certain monteurs emploient des poils de la queue d'écureuil, de renard argenté ou des poils de queue du cerf peuvent être employés.

UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE MONTEURS DE MOUCHES

Faire un Don a Fabri-Mouches
     Pour ma part, je ne tenterai pas de vous dire lequel des deux styles est le plus beau, car je trouve ces deux styles esthétiquement agréables à regarder. (La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde.) Même si des monteurs de mouches ne partagent pas toujours le même point de vue, ni les mêmes convictions, de façon générale, il faut se respecter mutuellement, respecter le talent et mettre de côté les différences pour promouvoir la mouche Classique "Full Dress" comme une forme d'art merveilleux. Comme preuve de l'intérêt des Québécois concernant le montage de mouches, je dois mentionner l'existence de l'événement annuel du championnat mondial des monteurs de mouches. Cet événement est présenté par la Fédération québécoise du saumon atlantique (FQSA), et il est parrainé par des sociétés affiliées. Cet événement est considéré par beaucoup comme étant le plus important événement de la saison au sujet du montage de mouches.
 
     Bien sûr, la plupart de ces monteurs de mouches ont principalement recours au montage de mouches comme un passe-temps, une sorte d'extension d'une saison de pêche à la mouche trop courte. Pour eux, en grande partie, c'est un amusement, un divertissement, une raison de fraterniser avec des gens qui ont la même passion, ainsi que l'occasion de comparer les notes prisent l'été précédent et de découvrir peut-être une nouvelle arme secrète dans l'arsenal de quelqu'un d'autre. Par ailleurs, il est vrai que, de loin, la majorité des saumons capturés à la mouche aujourd'hui au Québec le sont avec des mouches Hairs Wings. Encore là, certains monteurs québécois comme Claude Bernard, Claude Hamel et Daniel Duval ont innové en ce sens. Ils ont combiné le style des mouches Hairs Wing avec le style des mouches Dee & Spey Flies Traditionnelle. Ce nouveau style de mouches de Type Spey est typiquement Québécois. Nous les appelons les "Spey Québécoise".

AU QUÉBEC NOUS RENCONTRONS TROIS CATÉGORIES DE MONTEURS DE MOUCHES

     Le Professionnel : Ce niveau de monteur de mouches vend sa production de mouches à travers son entreprise ou sur le web. Généralement, le revenu du montage de mouches est connexe à une autre occupation reliée au saumon de l'Atlantique, par exemple les guides de pêche du saumon ou les propriétaires de boutiques de pêche... Ces personnes sont très visibles et profitent d'une notoriété publique en raison de leur implication à longueur d'année.
 
     Le Semi-Professionnel : Ce niveau opère à partir de son domicile et vend ses mouches aux entreprises, directement aux clients ou sur le web. L'objectif principal du projet est de financer les matériaux pour son usage personnel, plutôt que de faire un profit. Le plus souvent, ces monteurs de mouches ont été encouragés ou sollicités par des saumoniers qu'ils connaissent à vendre leurs mouches en raison de la qualité de celles-ci.
 
     L'Amateur : Il s'agit du plus secret et privé des monteurs de mouches. Il attache strictement pour son propre plaisir... Il donne certaines de ses mouches à ses bons amis plutôt que de les vendre. Ses visites dans les boutiques sont discrètes et brèves. Il préfère son intimité et il évite les rassemblements bruyants... (Ceci fait-il apparaître le nom d'une de vos connaissances dans votre tête?).
Jock Scott
     On peut trouver occasionnellement un peu de mouches classiques affichées dans quelques boutiques spécialisées en pêche du saumon. Cependant, il ne faut pas prétendre que les mouches Classiques sont produites en masse pour la revente... Ces mouches sont plutôt montées pour des commandes spéciales. Les modèles Classiques les plus souvent demandés pour la pêche sont la "Jock Scott", la "Green Highlander" et la "Lady Amherst". Les mouches Classiques sont perçues comme des oeuvres d'art. Les clients sont généralement des collectionneurs ou encore tout simplement des saumoniers qui les aiment bien. Le prix pour une mouche Classique Feathers Wing "Full Dress" (montée comme des oeuvres d'art) varie normalement de $100.00 à $500.00 Can et même plus, en fonction de la complexité de la mouche, du matériel nécessaire et aussi de la notoriété du monteur. En raison de la taille de la clientèle, il y a une certaine rivalité contenue entre les monteurs de mouches. Cet environnement concurrentiel peut parfois être comparé à celui de certains célèbres grands maîtres monteurs britanniques.

références

» Marc LeBlanc
» Claude H. Bernard
» Jacques Juneau
» Musée virtuel du Canada (MVC)
» Recherche internet
» Archive Internet
» Livre: Le saumon, 400 ans d’histoire et de passion au Québec
» Livre: Le Saumon de l'Atlantique dans l'Histoire de l'Amérique du Nord; R.W. Dunfield (1986).

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